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A Salem

Je crois savoir que tu aimerais que j'écrive ici mais je vois pas bien ce que je pourrais y déverser si ce n'est toutes ces odeurs de cul et ces saveurs de bouffe, ces sourires à longueur de temps que tu me colles sur la gueule, le doré de ta peau mate que j'égrène frissons après frissons, orgasmes après orgasmes, nos rires mêlés et nos conversations emmêlées, ce partage, ces moments, forts, intenses, doux, bruts, sexes, baisés et baisables à volonté, les jeux qu'on s'invente, les projets à demi mots, les peurs, parfois les pleurs mais souvent un condensé de bonheur. Je vois pas bien, non, ce que je pourrais vomir ici, ni ce que je évertuerais à détruire. Alors je fume. Et tu dors. 
Et j'écris ici.

Witch

Ça faisait bien longtemps que j'avais pas eu ce sourire idiot accroché à ma gueule toute la sainte semaine. Jour après jour, nuit après nuit, je ne débande pas. Elle m'allume et je crame comme une sorcière sur un feu de joie. Inquisition. Excitation. Et bientôt, je l'espère, pénétration. Elle m'apaise et me fait voir le joli côté des choses. Elle m'allume et je flambe aussi vite qu'une allumette craquée mais sans aucune odeur de souffre. Juste le parfum du citron et de mes cigarettes écrasées. Je vais retrouver le bonbon anisé ce soir encore, pour son manque de sourire, pour son empathie et parce qu'elle m'a sauvé un peu la vie. J'écouterai cette chanson tourner en boucle dans mon casque. E je répèterai inlassablement les paroles à chaque pas balancé dans la rue, parce que dorénavant, c'est tout ce qu'il me reste de toi.




Entrefilet

Je l'ai déjà écrit. Une fois. Dix fois. Ou plus encore. C'est toujours quand tu t'y attends le moins que quelqu'un frappe à ta porte blindée et que tu laisses un léger entrebâillement pour mieux y voir, pour y regarder de plus près. Et ce que tu mates, là, juste à ce moment là, c'est un sourire qui répond à ton sourire, des échanges un peu bêtes et très légers qui t'ouvrent les yeux sur un putain de rayon de soleil. 
Alors tu te remets minimalement à espérer voire même carrément à désirer.


Freestyle

La surexcitation et l'énergie ne me quittent pas. C'est un peu comme si la folie envahissait ma tête, comme si mes petits déj étaient fait d’amphétamines et de cocaïne. Je ne m'arrête pas, je ne m'arrête plus, je ne veux plus, je ne peux pas. Même la solitude, je l'emporte avec moi là-haut dans les nuits noires. Je n'ai plus le temps de l'ennui, je brigue l'envie. Je fuis le toxique comme la peste, j'ai fui la peste qui a rendu mon temps toxique. J'ai morflé. J'ai saigné. Putain, j'ai pleuré. Mais la fin de l'histoire m'a confortée dans mon idée de  liberté. Je balaie l'affront d'un revers de main et je baise chaque week-end, le mépris de trois années de ma vie.
Tard au milieu des fêtards et pour terminer ma soirée en beauté, je porterai un toast à ma sérénité retrouvée. 
Free.

A blanc

Corps remuants. Corps transpirants. Bouches avalants les liquides, parfois goulûment, souvent vulgairement. Ma tête tourne, l'ivresse plombe mes pieds jusqu'à m'en faire trébucher. Leurs mots n'atteignent plus mes oreilles et les miens ne dépassent pas mes lèvres humides d'envie. Je tire à blanc sur tout ce qui bouge. Je ne touche personne. Je sue le manque de baise par tous les pores de ma peau. J'en aurais presque honte. Presque. Mais j'en jouis plutôt, totalement raccord avec ma gueule de looser que je vais retrouver dans le miroir du bar encore ce soir.

2

Tétanisé. Pétrifié. Idiot. 
Je peux pas balancer une phrase sensée. 
J'arrive pas à articuler. Même l'alcool ne fait pas son effet
Je reste suspendue à ses yeux, accroché à son vernis rouge, à ses clopes si rapidement fumées.
Son cul qui déambule sur le parquet de la salle de sport me font passer pour un bel obsédé.
Ses mains caressant les cheveux de sa meuf glissent sur ma chatte, totalement fantasmées.
Sa timidité exacerbée exacerbe ma timidité.
Tétanisé. Pétrifié. Idiot.
Elles sont maintenant deux à me foutre sur le carreau.
 

De la faute à Louise Brooks

Cette "salope" est venue me chopper la nuit passée. Dur réveil, gueule enfarinée, clito et muscles bandés. 
Ça m'a hanté toute la matinée. C'est si beau de rêver.

Raccourci

Mes nuits raccourcissent et ma consommation de bières aussi. Le soleil se pointe enfin après un an de froid, un an d'effort, de tristesse et de colère. Souffler alors, après une dizaine de mois d'incompréhension et de frustration. Les rayons réchauffent ma peau marquée et éblouissent mes yeux cerclés de verres fumés. Il fait joliment beau. J'en oublie les mensonges, les histoires à deux balles, de qui a tort, qui a raison. Je range les fantômes dans des sachets bien hermétiques. J'en reviens à l'essentiel, aux fondamentaux. Après la fausse mort de ma mère, j'ai compris où était l'important et il était grandement temps.
Je me nourris des autres. Je me nourris du temps, de la musique, de l'air tiède, des sourires derrière les bars, d'autres sourires derrière l'écran, de la solitude sur l'oreiller, de fantasmes, d'expos visitées, de soirées à organiser. Tellement à découvrir, tellement à parcourir.
Si peu à me manquer.


Skip and die

J'ai envie de dormir et j'ai concert dans un quart d'heure putain. Ça fait des jours, des semaines que je me suis pas posée, reposé, des jours et des semaines que j'ai pas baisé, que je me suis même pas branlée. Je bosse, je roule ma bosse, j'écoute mon boss. J'ai ouvert toutes les appli possibles sur mon téléphone dans un ultime espoir de poser ma tête entre des bras, entre des seins, sentir des mains, palper des reins. Mais rien. 
Alors je prends mon courage à deux bières, me rase la tête, prends une douche trop chaude, enfile un jean portefeuille à chaîne et monnaie trébuchante in the pocket. Je m'en vais dégueuler ma misère sexuelle à la face du monde d'en face et peut-être que dans un sursaut de musique électronique, je me réveillerais avec le sourire et la voix de Cata Pirata.

Alors je pourrais enfin rentrer crever, m'allonger et mourir. 
Mais là, tout de suite, dormir ? 

Même pas en rêve.


Coeur élastique

Je retrouve ici mon puits de solitude. Par ennui. Par envie. Cet après-midi, mes yeux se sont remplis d'images insolites ou banales, c'est selon. Une table en bois de 12 mètres, une photo troublante devant quelques fesses moulées dans des jeans. Depuis le début de la soirée, je risque l'acouphène en écoutant au casque des chansons mielleuses. Plus tard, je sortirai me remplir la panse d'alcool, d'air frais et du léger rictus de la serveuse. Et je souris de me raccrocher à ce si piètre bonheur, à cette si faible lueur, mais elle, au moins, elle me fait du bien. 


 
Dirty Week End | TNB